jeudi 4 juillet 2024

Overton

 

Overton

 

Au soir de mon enfance,

Dans la plus grande indifférence

De mon jeune âge privilégié

Les Bérus scandaient la rage

D’une jeunesse révoltée

Par cet impensable

qui entrait déjà dans le champ

De quelques militants

encore bien esseulés.

 

A l’aube de mes 20 ans,

L’illusion prenait son élan

Noir Désir chantait des fascisants autour de 15%

L’impensable devenait radical

déployait les tentacules de sa morale

Mais nos vies filaient sans se retourner

Après tout, on n’allait pas polémiquer.

 

La trentaine dans mon horizon

Le premier 2è tour nous laissait comme des cons

Les Fatals chantaient l’étonnement d’un père

Qui préférait l’URSS l’hiver

Le radical tournait à l’acceptable

Mais tous les partis criaient encore barrage.

 

 

 

40 ans. Elle s’affiche rénovée.

Ravalement de façade

Et 2è tour normalisé

L’acceptable maintenant raisonnable,

Le chemin est tout tracé

Plus aucun ne pense même à chanter

 

50 ans en ligne de mire

Doublement des quelques fascisants

Que sont devenus nos 20 ans ?

 

Le pyromane se rêve pompier

Bouton rouge, hiver nucléaire.

Trop tard, l’héritier est devenu populaire.

Soit t’es pour, soit t’es contre, tout est binaire

Orelsan enflamme les sens

Et nous fait humer l’odeur de l’essence

Jeunesse incertaine, humanité larguée

Noyées dans ce monde sans barrières

Plein de vérités fantasmées, faussées.

Plus aucune figure, plus aucun repère

Culture du buzz, de l’instantané,

Du mensonge et du camouflet.

A un mois des JO et en plein euro,

Le psychodrame est devenu le seul sport national.

 

 

 

50 ans en ligne de mire

Le prochain second tour aura ce gout du pire

Le populaire sera devenu politique.

 

A moins que ?

La fenêtre ne se ferme ?

La boucle ne se boucle ?

Les icônes ne retrouvent le goût de la chanson,

Et toi, moi, l’irrévérence de nos actions …

 

 

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