Overton
Au soir de mon enfance,
Dans la plus grande indifférence
De mon jeune âge privilégié
Les Bérus scandaient la rage
D’une jeunesse révoltée
Par cet impensable
qui entrait déjà dans le champ
De quelques militants
encore bien esseulés.
A l’aube de mes 20 ans,
L’illusion prenait son élan
Noir Désir chantait des fascisants autour de 15%
L’impensable devenait radical
déployait les tentacules de sa morale
Mais nos vies filaient sans se retourner
Après tout, on n’allait pas polémiquer.
La trentaine dans mon horizon
Le premier 2è tour nous laissait comme des cons
Les Fatals chantaient l’étonnement d’un père
Qui préférait l’URSS l’hiver
Le radical tournait à l’acceptable
Mais tous les partis criaient encore barrage.
40 ans. Elle s’affiche rénovée.
Ravalement de façade
Et 2è tour normalisé
L’acceptable maintenant raisonnable,
Le chemin est tout tracé
Plus aucun ne pense même à chanter
50 ans en ligne de mire
Doublement des quelques fascisants
Que sont devenus nos 20 ans ?
Le pyromane se rêve pompier
Bouton rouge, hiver nucléaire.
Trop tard, l’héritier est devenu populaire.
Soit t’es pour, soit t’es contre, tout est binaire
Orelsan enflamme les sens
Et nous fait humer l’odeur de l’essence
Jeunesse incertaine, humanité larguée
Noyées dans ce monde sans barrières
Plein de vérités fantasmées, faussées.
Plus aucune figure, plus aucun repère
Culture du buzz, de l’instantané,
Du mensonge et du camouflet.
A un mois des JO et en plein euro,
Le psychodrame est devenu le seul sport national.
50 ans en ligne de mire
Le prochain second tour aura ce gout du pire
Le populaire sera devenu politique.
A moins que ?
La fenêtre ne se ferme ?
La boucle ne se boucle ?
Les icônes ne retrouvent le goût de la chanson,
Et toi, moi, l’irrévérence de nos actions …
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